#JAIPASECOLE - Campagne de sensibilisation de L'Unapei
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À quelques jours de la rentrée scolaire, encore des milliers d’enfants en situation de handicap restent en attente d’une réponse éducative adaptée
L'Unapei présente la nouvelle édition de sa campagne « #JaiPasEcole, mais tout peut changer » parce que le temps de l'enfance n'attend pas
Campagne de sensibilisation "JAIPASECOLE" - Crédit : Unapei
L’Unapei est un réseau associatif composé de 330 associations et de 900 000 citoyens engagés pour le vivre-ensemble depuis 1960.
Familles, personnes en situation de handicap, professionnels du prendre soin et bénévoles entreprennent et militent pour une société respectueuse des droits et des choix des personnes avec troubles du neurodéveloppement, polyhandicap et handicap psychique et de leurs proches.
En France, 1 personne sur 6 est concernée par un trouble du neurodéveloppement.
Reconnue d’utilité publique, l’Unapei est habilitée à recevoir des legs, donations et assurances-vie. Plus d’informations sur www.unapei.org/Lien externe
Sur marentree.orgLien externe, des familles racontent leur quotidien et les difficultés rencontrées pour permettre à leur enfant d'accéder à une réponse adaptée à ses besoins. Leurs témoignages dessinent une même réalité : celle d'enfants qui ne bénéficient pas de l'accompagnement dont ils ont besoin, quel que soit leur lieu de scolarisation. Pour objectiver ce constat, l'Unapei a reconduit son étude de l’année passée auprès de 38 associations de son réseau qui suivent près de 5 000 enfants au sein de leurs établissements médico-sociaux ou en lien avec l’Education nationale.
Un échantillon qui permet d’illustrer la situation nationale vécue par des milliers de familles.
Les résultats montrent que des avancées sont possibles, mais qu'elles restent largement insuffisantes. L'association décrypte les évolutions observées, les difficultés persistantes et les conditions nécessaires pour que la promesse portée cette année par la campagne « #JaiPasEcole, mais tout peut changer » devienne une réalité pour tous les enfants
Aujourd’hui, la réalité des familles évolue beaucoup trop lentement
Deux tiers des associations interrogées (67%) estiment que la situation est restée inchangée entre 2025 et 2026.
- Seules 19% constatent une amélioration,
- Tandis que 14% observent une dégradation.
Cette stagnation se retrouve dans les parcours de scolarisation :
- 76% des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze
heures par semaine - Seuls 24% bénéficient d'un temps de scolarisation supérieur à
douze heures hebdomadaires.
« Derrière les chiffres, il y a une idée simple : il ne suffit pas d'être inscrit à l'école pour que le droit à l'éducation soit respecté. Certains enfants n'ont accès qu'à quelques heures de scolarisation alors qu'ils pourraient suivre davantage d'enseignements. D'autres restent dans un parcours qui ne correspond pas à leurs besoins alors qu'ils devraient bénéficier d'un accompagnement médico-social plus soutenu. Notre objectif n'est pas de défendre un modèle unique. Il est de garantir à chaque enfant la réponse la plus adaptée à ses besoins. Aujourd'hui, nous en sommes encore loin » explique Luc Gateau, président de l’Unapei.
Une enfance sur liste d'attente
Les 38 associations ayant répondu à l'enquête recensent 4 808 enfants inscrits sur leurs listes d'attente, soit davantage que les 4 588 enfants qu'elles
accompagnent aujourd'hui. Le délai d'attente atteint désormais près de trois ans en moyenne avant d'accéder à une solution d'accompagnement adaptée. Pour certaines familles, cette attente est encore bien plus longue
Derrière ces chiffres, il y a des enfants contraints de rester à domicile, des parcours de scolarisation réduits à quelques heures par semaine et des familles qui doivent, seules, trouver des solutions provisoires.
Pendant ce temps, l'enfance, elle, ne se met pas sur pause. Les besoins de l'enfant évoluent, les apprentissages se construisent, l'autonomie se développe : chaque année passée sans accompagnement adapté représente une véritable perte de chance
« À la rentrée, mon fils aura 15 ans. Les autres adolescents retrouveront leur école. Lui n’aura ni école, ni IME. Il restera à la maison. Pour éviter qu’il ne régresse, nous sommes contraints de financer nous-mêmes un enseignement à domicile et une éducatrice spécialisée. Mais rien ne remplacera l’accompagnement adapté dont il a besoin pour apprendre, gagner en autonomie, avoir des copains et construire son avenir . » La maman d’Ewan, 15 ans.
Tout peut changer, mais à quelles conditions ?
Les résultats de cette enquête montrent que ce n'est pas qu’un slogan. Oui, des progrès sont possibles. L'amélioration de
l'accès au numéro INE est une illustration concrète de la mobilisation des acteurs. Avec les moyens nécessaires, des évolutions significatives peuvent être obtenues.
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De 65% à 45%
En un an, la part des enfants accompagnés ne disposant pas de numéro INE est passée de 65% à 45%.
Une évolution qui facilite leur identification par l'Éducation nationale et contribue à sécuriser leur parcours
Mais aujourd’hui cette coopération reste encore trop souvent insuffisante. Le secteur médico-social ne peut pas, à lui seul, résorber les listes d’attente ni garantir à chaque enfant une réponse adaptée. Pour que « tout puisse changer », chaque enfant doit pouvoir bénéficier d'une réponse construite collectivement, en associant l'Éducation nationale, le médico-social, les professionnels de santé et les familles.
Des solutions existent, il est maintenant nécessaire de changer d’échelle
Pour que « tout puisse changer » L’Unapei appelle notamment les pouvoirs publics à :
- Intervenir tôt, dès la petite enfance : Parce que les premières années de vie sont déterminantes. Plus un enfant bénéficie rapidement d'une réponse adaptée, plus ses chances d'apprendre, de développer son autonomie et de construire son parcours augmentent.
- Construire une école réellement accessible : Une école accessible, ce n'est pas seulement ouvrir les portes de l'établissement. C'est permettre à chaque enfant d'accéder aux apprentissages grâce à un environnement adapté : bâtiments, transports, pédagogie, accompagnements et coopération entre les professionnels.
- Garantir un soutien médico-social incontournable : Le médico-social n'est pas une solution de dernier recours. Il constitue un appui indispensable à la réussite des parcours, en complément de l'Éducation nationale, pour répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant.
- Construire un parcours sans rupture jusqu'à l'âge adulte : Aucun enfant ne devrait voir son parcours remis en question à chaque changement d'âge, d'établissement ou de dispositif. Les accompagnements doivent être continus, coordonnés et évoluer avec les besoins de l'enfant.
- Des coopérations organisées pour des parcours sans rupture, de la petite enfance jusqu’à 25 ans : l’école inclusive s’envisage dans une continuité. De l’intervention précoce jusqu’à la transition vers l’âge adulte. Chaque étape compte. La coopération entre tous les acteurs (enseignants, familles, acteurs du secteur médico-social, collectivités…) doit être facilitée pour qu’elle soit réelle et durable.
Ces enfants sont des élèves à part entière, avec des besoins réels et un avenir qui ne peut être laissé au hasard. Cet avenir ne peut pas reposer sur des bases précaires.
L’Unapei demande pour eux une reconnaissance concrète : des fondations solides et des réponses durables. Les solutions qui font leurs preuves doivent être généralisées et sortir définitivement du cadre expérimental.