Le château et le parc de Triviers
Niché au cœur d’un écrin verdoyant, le Château de Triviers et son vaste parc municipal incarnent un héritage unique de l’histoire et du charme de Challes‑les‑Eaux.
Parc municipal du château de Triviers
Des origines médiévales à l'époque moderne
Les premiers signes d’occupation humaine sur ce secteur remonteraient au XIIᵉ siècle, avec la présence d'une maison forte et d'une chapelle, appartenant au seigneur local. La proximité d’une source, de la voie romaine et des fouilles entreprises dans les années 1940 peuvent laisser perser à une occupation gallo-romaine.
Un lieu de culte existait déjà en ces lieux dès 1110, année de création par Saint-Hugues (1080-1132), évêque de Grenoble, du prieuré de Saint-Jeoire composé des paroisses de Saint-Jeoire, Barby, Saint-Pierre de Chignin, Saint-Maurice de Curienne et de Saint-Vincent de Triviers.
Il faut attendre le début du XVIe siècle pour que le secteur de Triviers se développe avec l'acquisition du domaine par le noble Berthier, secrétaire à la chambre des comptes et conseiller d'Etat du duché de Savoie.
La construction du château s’acheva en 1550 et l’édifice prend en 1613 le nom de Maison forte de Saint-Vincent.
Abandonnés peu avant la Révolution française, le château et l'Église de Triviers connurent une période difficile.
Peu après en 1637, le domaine est agrandi par la dot de Lucrèce Raffin de La Biguerne lors de son mariage avec le propriétaire de l'époque, Claude Gaspard, qui épouse en secondes noces Catherine Guillet De Montoux avec qui il a un fils, Alphonse Berthier De Saint Vincent.
En 1700, le fils d'Alphonse, Thomas, décède sans descendant direct. À la suite de longues batailles juridiques, la propriété est remise à Jean-Louis Berthier De Saint-Vincent en 1710. Mais il vit en Italie et vend le château au profit de ses sœurs, restées en Savoie. L'une d'elles épouse l’avocat Bally qui prend le nom de « Saint Vincent » avant de l'abandonner peu de temps avant la Révolution française.
En 1794, le prêtre de la paroisse, hostile à la France de la Révolution, dont les troupes occupent la Savoie depuis 1792, quitte les lieux, laissant à l'abandon l'Église historique de la commune.
Du 19e au 20e siècle : transformations et nouveaux usages
- En 1800, le domaine, qui appartient alors à Mme Favier De La Biguerne, la petite fille de Bally, est agrandi de 50 hectares, portant la superficie totale à 108 hectares. Lorsque son mari décède, elle épouse le marquis Paul d’Oncieu de Chaffardon.
- 1872 : la commune de Triviers devient Challes-les-Eaux par decret signé par le président de la république Thiers.
- À la fin du siècle, le château est acquis par Louis Vuillerme qui le transforme en hôtel sous le nom d’Hôtel d’Angleterre en 1883. Il change de nouveau de mains et devient la propriété des chevrons de Villette qui l'aménage en plusieurs appartements en 1890.
- 1900 : aménagement de l’allée cavalière bordée d'arbres, reliant le château de Triviers à l'établissement Thermal (aujourd'hui allée Marie Peignat)
- Durant la Première Guerre mondiale, le château devient pension Saint-Vincent
- 1922 : rachat par le peintre André Rouveyre (1879-1962), ami de Matisse, qui le revend à Lucien Clanet en 1940. Les incessants changements de propriétaires reflètent l’instabilité de cette époque et l’adaptation continue du château aux exigences du moment
- 1946 : le château devient le siège du centre national de l’aviation civile, du fait de la présence depuis 1913 du terrain d'aviation à Challes-les-Eaux
- 1949 : le château redevient l'hôtel du château de Triviers et se classe parmi les meilleurs établissements de la région sous le nom d'Hôtel de Château de Triviers jusqu'en 1956, qui devient centre de vacances pour les ouvriers des chantiers de Saint-Nazaire, puis par une section de l'association "Jeunesse et Montagne".
- Il devient à nouveau un hôtel en 1966 et est géré par Jean Clanet, le fils de Lucien
- En février 1995, l'hôtel est vendu en appartements
1999-2005 : le parc devient communal et les premiers aménagements structurants débutent
Des villas sont construites sur une partie du domaine et la commune de Challes-les-Eaux entame une démarche pour acquérir le parc :
- 4 mai 1999 : délibération de la commune en vue de l’acquisition foncière.
- 20 mars 1999 : acte notarié de vente de terrains.
Dès l’acquisition, un vaste travail d’étude et d’aménagement est lancé :
Année 2000 : premières études techniques et conception paysagère d’ensemble
En février 2000, la commune fait réaliser :
- Un plan topographique complet du parc : niveaux, étang, arbres majeurs, murs, clôtures, allée du casino
- Un projet d’aménagement de l’allée comprenant :
- Création d’un réseau d’eaux pluviales (raccordement de l’étang, pose de grilles),
- Création d’un réseau d’éclairage public,
- Étude d’un tracé intégrant des chicanes tout en garantissant l’accès des secours.
2001–2004 : mise en œuvre des abords du parc
Ces années voient la réalisation des premiers aménagements structurants autour du parc et du château : allées, circulations, entrée du parc et premières plantations.
2005 : intervention sur le plan d’eau
Une réfection de l’exutoire du plan d’eau est réalisée, marquant la première intervention technique sur l’hydraulique du bassin depuis sa création (1960–1970).
Depuis les années 2000 : un parc recomposé et enrichi
Parmi les réalisations notables :
- Création des allées, bancs et mise en valeur du plan d’eau,
- Faucardage du plan d’eau en 2021,
- Lancement d’un diagnostic écologique approfondi entre 2023 et 2025 avec la société Karum, qui a analysé le fonctionnement du parc sur plusieurs saisons.
- Installation de mobilier supplémentaires dans le cadre du sentier de la Promenade Confort : nouveaux bancs et tables de pique-nique
- Plantations importantes en 2025 : plusieurs dizaines de végétaux, dont près de vingt arbres adaptés aux évolutions climatiques
D’autres équipements (tables de pique-nique) viendront compléter l’offre au début de 2026 suite à l’obtention d’une subvention de Grand Chambéry au titre du fonds de concours dédié à la politique touristique de l’agglomération : « Tourisme du bien vivre ».